La liberté d’expression sur les réseaux sociaux connaît parfois des dérives qui finissent devant les tribunaux. C’est ce qui est arrivé à une internaute connue sous les initiales T.M., auteure d’une vidéo devenue virale dans laquelle elle affirmait, sans preuve, que l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, se cachait dans une église catholique à Cocody Deux-Plateaux.
La séquence, largement partagée, a suscité un flot de commentaires et alimenté de nombreuses spéculations en ligne. Mais du côté de la personne citée, l’affaire a été jugée diffamatoire et attentatoire à l’honneur. J.M.Y, se disant directement visé par des propos de la même vidéo, a saisi la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC), structure technique de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI).
Les investigations menées par la PLCC ont rapidement conduit à l’interpellation de T.M. Face aux enquêteurs, elle a reconnu être l’auteure des propos incriminés et admis qu’elle ne disposait d’aucune preuve pour étayer ses affirmations. Elle a expliqué s’appuyer sur un « don de voyance » pour justifier les accusations qu’elle lançait.
Au terme de la procédure, l’internaute a été déférée devant le parquet. Elle est poursuivie pour diffamation, atteinte à l’honneur et à l’image, ainsi que pour incitation au trouble à l’ordre public, conformément aux articles 60, 61 et 62 de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
Cette affaire illustre une nouvelle fois les dangers liés aux rumeurs propagées sur internet. Malgré les campagnes de sensibilisation sur la responsabilité numérique, certains utilisateurs continuent de franchir la limite entre critique et diffamation. La justice entend rappeler que la viralité d’une vidéo ne saurait valoir vérité.







