Du 4 au 7 mars 2026, une délégation d’experts du Ministère sénégalais des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a effectué une mission d’immersion de 48 heures à Abidjan. Entre haute technologie et partage de visions stratégiques, ce séjour scelle une alliance historique pour transformer la sécurité routière et la mobilité urbaine au sein des espaces UEMOA et CEDEAO.
Le ciel d’Abidjan a servi de témoin, cette semaine, à un renforcement majeur de la coopération Sud-Sud. Reçue successivement au 21e étage de l’immeuble Postel 2001, dans les directions centrales et chez les opérateurs techniques, la délégation sénégalaise, conduite par M. Aboubacar Fall (Directeur Général des Transports Routiers), avec M. Mandiaye Faye, DCRPAA / DGTR, M. Moustapha Niang, Expert DGTR et accompagnée par Mme Marieme Diedhiou (Conseillère Économique à l’Ambassade du Sénégal), est venue puiser dans le « modèle ivoirien » les leviers d’une révolution des transports.
Une immersion à 360° au cœur de l’administration ivoirienne
Pour comprendre la réussite de la métamorphose ivoirienne, les experts sénégalais ont bénéficié d’un accès inédit à l’ensemble de la chaîne de valeur du Ministère des Transports. Ce marathon technique a permis de confronter les théories aux réalités du terrain à travers toutes les entités clés :
Le Cabinet du Ministre : Pour la vision stratégique et l’impulsion politique indispensable aux réformes de rupture.
La DGTTC (Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation) : Pour l’architecture des réformes structurelles.
L’OSER et la PSSR : Pour le binôme « Sensibilisation – Répression », piliers de la Stratégie Nationale de Sécurité Routière.
L’AMUGA et l’ARTI : Pour la gouvernance de la mobilité urbaine (Métro, BRT) et la régulation du transport intérieur.
Quipux Afrique : Pour la maîtrise technologique, le Système de Transport Intelligent (STI) et la vidéo-verbalisation.

La technologie au service de la vie : le pari du digital
Le cœur des échanges a porté sur la digitalisation intégrale. La délégation a pu observer l’efficacité du centre de gestion intégrée de Treichville, où la vidéo-verbalisation agit comme un « œil » permanent sur le réseau.
« Nous devons bâtir un modèle africain de sécurité routière capable d’inspirer non seulement nos voisins, mais aussi les pays occidentaux par notre agilité technologique », a martelé le Ministre Amadou Koné lors de l’étape chez Quipux Afrique.
Les discussions ont révélé une convergence de vues sur la lutte contre le fatalisme : avec 90% des accidents liés au comportement humain, la mise en œuvre du permis à points et la création d’un véritable statut du chauffeur professionnel sont apparues comme des priorités communes pour les deux nations.
Une Synergie portée par la Commission mixte bilatérale
Cette visite s’inscrit dans le cadre dynamique de la Commission mixte bilatérale ivoiro-sénégalaise, forte de 47 accords. Au-delà de l’apprentissage, il s’agit d’un échange de bons procédés. Si la Côte d’Ivoire brille par sa technologie de pointe, le Sénégal impressionne par son modèle de renouvellement du parc automobile, jugé très performant par la partie ivoirienne. Le Ministre Amadou Koné a d’ailleurs annoncé l’envoi prochain d’une mission d’experts ivoiriens à Dakar pour s’inspirer de ce mécanisme d’accompagnement des transporteurs.
Les locomotives de l’UEMOA et de la CEDEAO
En conclusion de mission, M. Dioman Coné, Directeur de Cabinet, a exhorté les experts à rester fermes face aux résistances sociales que soulèvent les grands changements. En acceptant de porter ensemble ces réformes (vidéo-verbalisation, dématérialisation), la Côte d’Ivoire et le Sénégal s’érigent officiellement en locomotives de l’espace communautaire.

L’objectif final est clair : harmoniser les bases de données pour le contrôle des véhicules transfrontaliers et fluidifier les transports pour dynamiser les volumes d’échanges commerciaux entre les deux géants d’Afrique de l’Ouest. La mission s’est achevée le vendredi 6 mars par une note de fraternité, les deux délégations s’engageant à maintenir ce canal direct pour, selon les mots de M. Dioman Coné, « émerger ensemble ».







