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Cameroun : Le mandat des députés a été prorogé une nouvelle fois, jusqu’au 20 décembre 2026

Au Cameroun, le mandat des députés a été prorogé une nouvelle fois, jusqu’au 20 décembre 2026. Il devait se terminer il y a un an, puis le 31 mars après un premier report. Une décision qui soulève une vague de contestation de l’opposition.

Le lundi 23 mars 2026, l’Assemblée Nationale du Cameroun a adopté le projet de loi N° 2092/PJL/AN portant prorogation du mandat des députés. La séance a été présidée par Datouo Théodore, nouveau président de la chambre. Cette décision repousse une nouvelle fois l’échéance électorale, portant le mandat en cours jusqu’au 20 décembre 2026, soit neuf mois supplémentaires au-delà de la date du 31 mars qui constituait déjà un premier report.

Pour rappel, les dernières élections législatives et municipales s’étaient tenues en janvier 2020, pour un mandat initialement prévu de cinq ans. Ce mandat aurait donc dû arriver à terme en mars 2025. Un premier report avait alors repoussé l’échéance au 31 mars 2026. C’est désormais la deuxième fois que le gouvernement recourt à ce mécanisme de prorogation, une pratique qui ne manque pas de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Contraintes budgétaires

Pour justifier ces prolongations successives, le gouvernement a mis en avant des contraintes budgétaires liées à l’organisation de scrutins intervenus en 2025. L’élection présidentielle du 12 octobre et les élections régionales du 30 novembre auraient en effet fortement sollicité les finances publiques, rendant difficile l’organisation simultanée de nouvelles élections législatives et municipales dans des délais raisonnables.

La décision est fermement contestée par l’opposition. Au nom de sa formation politique, le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC), Abdouraman a pris la parole pour déplorer « la violation de l’alinéa 1 de l’article 15 de la Constitution », qui fixe la durée du mandat des membres de l’Assemblée Nationale.

« Le Président du Conseil Constitutionnel a refusé, en violation de la loi, de rendre public son avis motivé sur la démarche manifestement inconstitutionnelle du Président de la République, qui justifie la nomination des Députés par de simples contraintes budgétaires très prévisibles, loin d’être irrésistibles et largement surmontables», déclare Abdouraman du RDDRC.

L’opposition accuse ainsi le régime d’ériger ce qui devrait demeurer une exception en règle ordinaire.

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