Héros de la lutte contre les coupeurs de route pour les uns, figure controversée d’une justice expéditive pour les autres -Philippe Mpay laisse derrière lui un héritage que le Cameroun n’a jamais fini de débattre.
Le Général de division Philippe Mpay s’est éteint à Yaoundé dans la nuit du 9 mai 2026, à l’âge de 87 ans, selon une information confirmée à Koaci au téléphone par une source proche du défunt. Avec lui disparaît l’un des visages les plus complexes de l’armée camerounaise : soldat d’exception, formé à Saint-Cyr, redouté des criminels -et associé à l’une des affaires les plus sombres de l’histoire sécuritaire du pays.
Il s’en est allé discrètement, comme à son habitude. Le Général de division Philippe Mpay, 87 ans, natif de Nguibassal, digne fils du peuple Bassa, a rendu l’âme dans les premières heures de ce samedi 9 mai 2026, emporté par la maladie. Mais la mort d’un homme de cette trempe ne passe jamais inaperçue – surtout quand sa vie entière a été un champ de bataille, autant contre le banditisme que contre la mémoire collective selon KOACI.
Soixante ans de service. Une formation d’élite à Saint-Cyr et à l’École supérieure de guerre de Paris. Une réputation de fer forgée dans les déserts du septentrion où il traquait les coupeurs de route qui terrorisaient les populations et les axes commerciaux. Et puis, indéfectiblement lié à son nom : le Commandement Opérationnel — et l’affaire des 9 de Bepanda.
Voilà le paradoxe que laisse le Général Philippe Mpay : deux récits parfaitement incompatibles, et pourtant tous deux vrais. Celui d’un officier d’élite, formateur de cadres, bâtisseur d’une armée professionnelle, efficace contre une criminalité qui menaçait la vie de milliers de citoyens. Et celui d’un homme à la tête d’une unité qui a pratiqué la justice expéditive, sans procès, sans recours – tuant des innocents présumés sur la foi d’une accusation de voisinage.
La mort ne tranche pas ce débat. Elle l’ouvre, au contraire. Comment une société fait-elle le deuil d’un homme dont l’action a sauvé des vies tout en en supprimant d’autres arbitrairement ? Comment honore-t-on le soldat sans absoudre le bourreau présumé ?
Il sera inhumé avec les honneurs militaires. Et les familles des 9 de Bepanda continueront d’attendre une vérité qui ne viendra probablement jamais.
Repose en paix, Général. L’histoire, elle, ne se reposera pas si vite.







