Quand Air 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞-𝐊𝐋𝐌 et 𝐋𝐮𝐟𝐭𝐡𝐚𝐧𝐬𝐚 parlent d’une seule voix pour défendre la « survie du transport aérien européen », c’est que l’alerte est sérieuse.
Mais quand le même groupe Air France KLM freine la montée en puissance d’𝐀𝐢𝐫 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞 sur la ligne Abidjan–Paris, c’est que l’𝐢𝐫𝐨𝐧𝐢𝐞 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐢𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐚𝐩𝐨𝐠𝐞́𝐞.
Deux visions du monde s’entrechoquent.
D’un côté, les géants européens réclament à Bruxelles des règles du jeu plus justes face aux compagnies du Golfe ou d’Asie.
De l’autre, ces mêmes acteurs redoutent qu’un pavillon africain réclame, lui aussi, une 𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭.
Car à 𝐀𝐛𝐢𝐝𝐣𝐚𝐧, le débat n’est pas qu’économique : il est 𝐬𝐲𝐦𝐛𝐨𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧.
La Côte d’Ivoire revendique la parité – 14 vols pour Air France (+ Corsair), 14 pour Air Côte d’Ivoire.
Une revendication simple, logique, mais perçue comme un déséquilibre dès lors qu’elle émane du Sud.
Ainsi va le transport aérien :
● en Europe, on plaide la concurrence équitable ;
● en Afrique, on la redoute dès qu’elle s’exprime.
L’Europe se veut modèle de justice économique, mais trébuche sur la notion de 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐩𝐫𝐨𝐜𝐢𝐭𝐞́.
Le ciel africain, lui, ne demande ni faveur ni exception — il revendique le droit de voler à 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐬 𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐞𝐬.
Et dans cette dialectique du ciel, chaque fréquence devient un symbole :
celui de la 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́𝐞.
Edouard Moctar Anyim







